Vent d’optimisme sur l’économie allemande

Posté le 20 Avr 2015

L’économie allemande va bien. Et même de mieux en mieux. Jeudi 16 avril, quatre grands instituts allemands de conjoncture économique ont annoncé qu’ils révisaient à la hausse leurs prévisions. Ils tablent désormais sur une croissance de 2,1 % du produit intérieur brut (PIB) cette année et de 1,8 % en 2016. A l’automne 2014, ils ne misaient que sur une progression de 1,2 % pour chacune de ces deux années.

« L’économie allemande se trouve dans une phase de reprise vigoureuse, stimulée par des éléments inattendus, en particulier la chute des prix du pétrole et la forte dépréciation de l’euro», écrivent en préambule de leur rapport bi-annuel, l’Ifo, le DIW, le RWI et l’IWH, qui représentent des courants économiques différents.

Le patronat allemand partage, lui aussi, cet optimisme. Il a porté, lundi, de 1,5 % à 2 % ses prévisions pour l’année 2015, mettant de la même façon en avant les effets de la baisse de l’euro et des prix bas du pétrole. Le Fonds monétaire international (FMI) vient, lui, de relever sa prévision, à 1,6%.

Le rapport des instituts de conjoncture sert généralement de guide aux prévisions du gouvernement allemand. Ce dernier, pour le moment, table sur une croissance de 1,5 % de l’économie en 2015, mais doit réévaluer ses prévisions la semaine prochaine.

Désendettement

Grâce à ces bons résultats, les caisses de l’Etat se remplissent plus vite que prévu. Les comptes publics sont excédentaires.

Si Wolfgang Schäuble, le ministre des finances, a accepté d’augmenter les investissements publics à venir, il devrait à nouveau faire l’éloge de comptes publics équilibrés lors de sa visite aux Etats-Unis, jeudi, à l’occasion de l’assemblée du Fonds monétaire international.

Mercredi 15 avril, ses services ont détaillé le programme de désendettement de l’Allemagne. La dette allemande qui avait atteint 80,3 % du PIB en 2010 a été ramenée à 71,5 % cette année et devrait être réduite à 61,5 % du PIB dès 2019.

Si les Américains et le Fonds monétaire international (FMI) jugent que cette réduction de la dette ne devrait pas être la priorité – le FMI a, à plusieurs reprises, demandé à Berlin de modérer son « zèle budgétaire » pour, notamment, soutenir la croissance en Europe -, la plupart des Allemands sont ravis.

Tout cela contribue à entretenir un climat « positif » en Allemagne. Contrairement à la plupart des autres Européens, les Allemands ne sont pas particulièrement inquiets pour l’avenir. Pourquoi le seraient-ils ? Le chômage est au plus bas depuis la réunification (6,4 % en mars) et le moral des consommateurs n’a jamais été aussi élevé depuis treize ans.

Source : Le Monde