Plus d’innovation pour moins d’émissions de carbone

Posté le 23 Sep 2019

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Le ministère allemand de l’Éducation et de la Recherche va investir 300 millions d’euros dans la recherche sur la protection du climat, a fait savoir la ministre, Anja Karliczek. Priorités : l’hydrogène « vert », les bâtiments, l’industrie, la mobilité.

Depuis 1990, l’Allemagne a réduit de 32 % ses émissions de gaz à effet de serre. C’est un bon début, mais le chiffre reste éloigné de l’objectif fixé : une baisse de 40 % en 2020. Dans ces conditions, comment atteindre le palier suivant : une baisse des émissions allemandes d’au moins 55 % à l’horizon 2030 ? Au printemps dernier, la chancelière Angela Merkel a fait du sujet une priorité. Elle a créé un comité interministériel pour accélérer les choses, et a annoncé des mesures concrètes pour la fin septembre. Ces mesures seront dévoilées demain, vendredi 20 septembre. Et une chose est sûre : face au changement climatique, Berlin tablera sur l’innovation.

Il y a quelques jours, la ministre allemande de l’Éducation et de la Recherche, Anja Karliczek, a en effet annoncé qu’elle allait investir 300 millions d’euros dans la recherche sur le climat. Cette enveloppe sera échelonnée sur plusieurs années, et aura pour priorité la réduction des émissions de CO2. L’objectif fixé est ambitieux : Berlin veut réduire ses émissions de 350 millions de tonnes par rapport à 2014 (890 millions de tonnes de CO2 émises).

Berlin mise sur l’hydrogène « vert »
En vue du 20 septembre, la ministre a présenté les innovations qui lui paraissaient les plus efficaces et les plus prometteuses. En tête de liste figure ainsi le développement de la production d’hydrogène « vert » (c’est-à-dire issu de l’électrolyse de l’eau au moyen d’électricité provenant de sources renouvelables).

« Le passage à l’hydrogène vert est un levier central pour protéger le climat », a souligné la ministre. « L’hydrogène est un vecteur énergétique universel qui est actuellement utilisé surtout par l’industrie. Mais il peut aussi être exploité dans le bâtiment et l’automobile » à condition de le produire à partir de sources renouvelables pour éviter les rejets de CO2. « Nous sommes en train de nouer de nouveaux partenariats avec la France, l’Afrique et l’Australie » pour en développer « la production, le transport et l’exploitation ».

Les bâtiments (faute d’isolation) et les transports comptent, en effet, parmi les principales sources d’émissions de CO2 en Allemagne. Sans surprise, ils figurent aussi en bonne place parmi les secteurs d’innovation visés par Mme Karliczek.

La ministre a évoqué plusieurs pistes : des projets pilotes de « villes à énergie positive » (subventionnées jusque 100 millions d’euros), des « ateliers mobilité » pour tester de nouvelles stratégies de mobilité durable dans une cinquantaine de villes entre 2020 et 2025, un programme de recherche interdisciplinaire pour inventer de nouvelles solutions « systémiques » (« Laboratoire de la mobilité 2050 ») ou encore la recherche sur les carburants de synthèse.

Anja Karliczek entrevoit également d’importantes possibilités d’innovation « propres » dans le domaine de l’industrie (à l’exemple du centre Technikum Carbon2Chem de Thyssenkrupp à Duisbourg qui transforme les émissions des aciéries en matières premières utilisables pour la chimie (photo)) et l’agriculture. Elle juge indispensable d’encourager spécifiquement les PME à se lancer dans l’innovation verte. Enfin, elle a souligné l’importance de voir le monde de la finance accompagner cette mutation vers une économie dé carbonée.

A.L.

18.09.2019 – Article
Plus d’informations :
Ministère allemand de l’Éducation et de la Recherche (en allemand)